Nouveau médicament anti-thrombotique développé par le partenariat de recherche entre l’IRIC et Bristol-Myers Squibb

blood-75302_960_720Un article décrivant l’identification et le développement d’une nouvelle molécule pour le traitement des maladies thrombotiques découverte en partenariat avec Bristol-Myers Squibb (BMS) a été publié dans l’édition du 4 janvier de la prestigieuse revue scientifique Science Translational Medicine.

Cette molécule, appelée BMS-986120, agit sur le récepteur cellulaire PAR4 impliqué dans l’activation des plaquettes sanguines lors de la formation d’un caillot sanguin. Elle permet ainsi de réduire considérablement le risque de formation de caillots de sang (thrombose). PAR4 est un membre d’une famille de récepteurs moléculaires pour laquelle l’IRIC a développé une expertise mondialement reconnue. Un travail de recherche fondamentale a d’abord permis d’établir le potentiel prometteur de l’inhibition de PAR4 comme approche thérapeutique. Par la suite, le criblage à haut débit de plus d’un million de composés chimiques et un vaste effort de chimie médicinale ont abouti à la mise au point de BMS-986120, un antagoniste de PAR4 pouvant être administré oralement. Dans un modèle animal de thrombose artérielle, la molécule BMS-986120 démontre une activité antithrombotique puissante et hautement efficace. Le composé présente également un faible risque de saignement et donc un profil d’innocuité et d’efficacité nettement plus favorable que l’agent antiplaquettaire classique le plus souvent utilisé.

Cette étude, à laquelle les chercheurs principaux Anne Marinier et Michel Bouvier ainsi que plusieurs membres de l’équipe de chimie médicinale de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) ont contribué, a démontré que le ciblage de PAR4 est une stratégie prometteuse pour le traitement de patients à risque élevé de thrombose artérielle tout en ayant un profil sécuritaire supérieur aux traitements actuels. Les résultats prometteurs ont déjà conduit à deux études cliniques de Phase I pour la molécule BMS-986120 et une forme optimisée de la molécule fera l’objet d’une étude de Phase II annoncée en décembre 2016 et qui portera sur plus de 1300 patients provenant de centres hospitaliers à travers le Québec, le Canada et dans le monde.

Cette découverte a été rendue possible grâce à la chaîne de découverte de médicaments et l’unité de commercialisation et de valorisation de la recherche de l’IRIC (IRICoR), créées grâce à une subvention des Centres d’excellence en commercialisation et en recherche (CECR) et présentement soutenue par le Fonds pour un Québec Innovant et en Santé (FPQIS) du gouvernement du Québec ainsi que par le soutien de Bristol-Myers Squibb durant plusieurs années de collaboration.

Étude citée

Blockade of protease-activated receptor-4 (PAR4) provides robust antithrombotic activity with low bleeding (2017)

Pancras C. Wong, Dietmar Seiffert, J. Eileen Bird, Carol A. Watson, Jeffrey S. Bostwick, Mary Giancarli, Nick Allegretto, Ji Hua, David Harden, Jocelyne Guay, Mario Callejo, Michael M. Miller, R. Michael Lawrence, Jacques Banville, Julia Guy, Brad D. Maxwell, E. Scott Priestley, Anne Marinier, Ruth R. Wexler, Michel Bouvier, David A. Gordon, William A. Schumacher, Jing Yang.

Science Translational Medicine 9, eaaf5294

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À propos de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie

Pôle de recherche et centre de formation ultramoderne, l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal a été créé en 2003 pour élucider les mécanismes du cancer et accélérer la découverte de nouvelles thérapies plus efficaces contre cette maladie. L’IRIC fonctionne selon un modèle unique au Canada. Sa façon innovante d’envisager la recherche a déjà permis de réaliser des découvertes qui auront, au cours des prochaines années, une incidence significative dans la lutte contre le cancer. Pour plus d’informations